Spring HaZe



Nid de nons. Nid d'âges.
Mais un clavier.

- Me faire un nouveau sac
- Répondre à la lettre de M*
- Rousse + indus
- Perdre "quelques" kilos
- Chercher des ambitions
- Travailler le cynisme
- Réorganiser ma chambre











Hachiko
Ktrou
Pim
Visualongaku



i am a geek
Mozilla Firefox


Inspirée par Nobuo
.





Enfance

-|- Enfance sans question -|-

Je suis née après la chute du mur de Berlin et avant la guerre du Golfe. Mais là où je suis née, on ne voyait ni instabilité politique, ni rebellion. Pourtant, il y avait tout de même deux héros de petite taille, pas très médiatisés, mais super puissants : mes parents. Quand ils ont recueilli mes petits trois kilos deux cent cinquante, ma mère avait trente trois printemps et mon père quarante cinq. Leur différence d'âge ne les a pas empéchés de s'aimer, même s'ils avaient un passé très différent. Je suis le premier enfant de ma mère, et le second de mon père, mais certainement leur dernier. Mes parents ont arrêté de travailler, elle pour moi, lui par accident. Ils sont d'abord très simple et naturel, même après avoir vécu quelque temps à Paris. Depuis ma naissance, je ne trouve que des survêtements, des jeans et des tee-shirts larges dans leur dressing. La grande palette de maquillage périssait d'ennui, et les cravates partaient chez EMMAÜS. Même s'ils n'étaient pas très élégants, ils faisaient de grands efforts pour que je devienne coquette, mais sans grand succès. Pour leur faire plaisir, je portais des petites robes à fleurs, aux multiples couleurs, qui allaient bien avec mes sourires. Selon mon père, je n'avais pas de complexe à avoir car, dès mes premières années, les traits de ma mère se reflétaient sur mon visage. J'admirais chez elle, cet océan noir de cheveux raides, soigneusement coiffés et nourris, qui descendaient jusqu'aux reins. Malheureusement, j'ai hérité des cheveux frisés de mon père. Ma mère passait du temps avec mes cheveux tous les matins avant d'aller à l'école. Et chaque soir, elle était déçue de me voir toute décoiffée, même si je lui disais que ses oeuvres me génaient. Je m'ennuyais ferme toute seule, sans frère ni soeur à châtier. Ma mère a essayé de combler ce manque, même si elle ne voulait pas jouer la copine.

Feuilleter les pages du livre de son enfance, c'est à la fois réveiller une douleur endormie et une douceur réconfortante. Ma Normandie n'était autre qu'une chaumière à colombages de carte postale, et le gris de la pluie pour tout décor. Je revois ces kyrielles de gouttes obliques, qui se fracassent à même le sol, telles les notes jouées sur la partition de ma mémoire. J'aimais me pelotonner, tel un chat frileux, près de la cheminée ; je passais quelques instants - à moins que ce ne soient de longues heures - à regarder la danse de ces flammes bienfaitrices et pourtant si inaccessibles. Lorsque je jetais un regard par la fenêtre, j'essayais vainement d'essuyer les carreaux de mes petites mains, mais ce brouillard épais qui plombait le paysage ne voulait pas disparaître. Les pièces étaient sombres, et j'essayais de saisir les faibles faisceaux de lumière qui s'y infiltraient. Le monde extérieur me semblait hostile puisqu'il était sans douceur. Une promenade au bord de la mer devenait une épreuve : marcher sur des galets durs, toucher une eau glacée, brunâtre et agitée et être malmenée par un vent décoiffant. Je n'ai pas parlé jusqu'à trois ans. Même si mes parents ont tout fait pour me rendre heureuse en me cachant maladie et chomâge, je crois que j'avais tout compris sans comprendre. Mais hormis la grisaille de la pluie et mes rhumes incessants, j'ai de belles images dans ma tête... des couleurs vives, tels le vert pomme des prairies et le rose vif des hortensias. A mon retour à la maison, flottaient dans la cuisine de doux parfums de cannelle, de vanille et de chocolat ; peut-être pour cela que cette pièce a toujours été ma préférée. J'avais l'habitude de lécher les cuillers de préparation avant de manger les gâteaux, ce qui est devenu sans doute une coutume chez moi. Mes peluches ont joué un grand rôle de caline présence, comme ces braves chiens à long poils, qui se laissaient indulgemment tirer les oreilles. Un emploi retrouvé et un déménagement m'ont tout simplement métamorphosée. En une semaine, je débitais une cascade de mots, avec un vague accent du sud-ouest, comme si rien ne s'était passé auparavant. C'était un passage du Yin vers le Yang, du petit nez tout rouge aux joues rosées par le soleil. Malgré tout, j'aime toujours ce vent fort, celui que fait vibrer mes tympans, celui qui cherche une place dans mes bras, celui qui me rappelle l'enfant que j'étais. Il me rappelle celle qui ne se posait pas de questions, celle qui ne voulait pas grandir trop vite et celle que je ne serai plus.

En commençant votre récit par « Je suis née » et en respectant les contraintes du genre autobiographique, vous évoquerez à la manière de Simone de Beauvoir votre naissance, votre famille ainsi que vos premiers souvenirs d'enfance dans deux paragraphes successifs. Le premier comportera des notations descriptives sur votre entourage, tandis que le deuxième sera centré sur les notations sens

15.3.07 20:37


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